Comment dessiner un plan VRD avec le gabarit GCV sur AutoCAD

Comment dessiner un plan VRD avec le gabarit GCV sur AutoCAD - plan de voirie et réseaux divers en cours de dessin technique

L'écran de droite affiche encore la fiche technique du pack GCV-VRD pendant que je bascule sur le plan ouvert à gauche, un lotissement en cours, réseaux d'eaux usées et eaux pluviales à superposer sans que ça tourne au plat de nouilles. Avant d'installer ce gabarit, j'avais tenté ma propre bidouille : recopier les cartouches d'un confrère, reçus par email, sans les paramètres intégrés dedans. Résultat, mes légendes se déréglaient dès que je touchais à une échelle, et je repassais chaque plan à la main comme un débutant. Le dessin technique en VRD sous AutoCAD, sans la bonne mécanique derrière, ça use plus que ça ne rapporte.

Premier plan VRD, premier chantier sous gabarit GCV

Ce lotissement a été la goutte de trop. Le port USB à l'avant de la tour ne voit plus la lumière du jour depuis que la clé de licence du pack y est restée plantée pour de bon, et pourtant, avant ça, mon bureau à domicile, dans un faubourg de Nancy, tournait encore avec des blocs redessinés maison, jamais vraiment satisfaisants. Pas ingénieur, jamais prétendu l'être : mon travail s'arrête à la propreté du plan, pas au dimensionnement d'un bassin de rétention, ça, c'est le bureau d'études. Ce qu'il me manquait, c'était une structure de calques qui tienne la route sans tout retaper à chaque projet.

Un gabarit de CAO pour le ferraillage suit à peu près la même logique, sauf qu'il s'attaque aux armatures et pas aux réseaux ; je m'en sers sur d'autres dossiers, pas sur celui-là. Les calques normalisés, une fois qu'on a pigé leur logique, évitent qu'un projet se transforme en mille-feuille incompréhensible six mois plus tard, et c'est exactement ce qui manquait à mes plans d'assainissement avant le GCV-VRD.

Plan d'assainissement VRD dessiné avec le gabarit GCV, réseau eaux usées et eaux pluviales sous AutoCAD

Pourquoi se fier à un pack plutôt qu'à ses propres blocs ?

Sur l'assainissement gravitaire, prenez un tuyau classique en PVC : le gabarit propose des styles de ligne déjà réglés, la couleur et le symbole suivent tout seuls dès qu'on trace. Ça évite la confusion classique entre le calque Eaux Pluviales et le calque Eaux Usées, celle qui fait perdre un après-midi entier à un stagiaire distrait.

Côté voirie, ce sont les blocs qui sauvent la mise : une bordure se pose, s'étire, s'oriente, sans qu'on retrace trois traits parallèles à la main comme au siècle dernier. Les blocs dynamiques béton, eux, servent à armer une semelle ou un voile, pas à border un trottoir. Deux familles d'objets qui ne se croisent jamais dans ma bibliothèque de blocs. Un gabarit VRD et un gabarit bâtiment n'ont d'ailleurs presque rien en commun : l'un raisonne en réseaux et en pentes, l'autre en dalles et en porteurs.

Le gabarit ne calcule aucune pente à votre place, ça reste l'affaire du bureau d'études. Il fournit juste les étiquettes prêtes à remplir sur le plan. Pour qui veut creuser la rigueur des cartouches et des bordereaux, j'avais détaillé ça dans mon article sur lire un bordereau de ferraillage pour préparer ses plans AutoCAD : la logique est étrangement proche entre béton et voirie. Il y a une frontière nette entre ce qu'un dessinateur tranche seul et ce qui doit repasser par un ingénieur, et je ne la franchis jamais, gabarit ou pas.

Démonter le gabarit avant de dessiner quoi que ce soit

Ouvrir le fichier DWT du GCV-VRD et dessiner dedans tel quel, c'est une erreur de débutant à mon sens. La hiérarchie de calques imposée ne colle jamais à mes habitudes de travail. Un après-midi, casque sur les oreilles, j'ai désossé le pack : gardé les types de ligne et les blocs de regards et de bordures, jeté tout le reste sans regret. Le disque dur a grondé un bon moment pendant le chargement du DWG, ce genre de vrombissement sourd qui annonce un fichier plus lourd que prévu.

Les cartouches du pack, une fois nettoyées de mes propres bricolages ratés, tiennent enfin sans se déformer d'un projet à l'autre, un sacré changement après l'histoire des cartouches recopiées par email. Kilian, un contact croisé sur un forum AutoCAD francophone, carbure au VRD à longueur d'année ; jamais un fer à béton chez lui, que des réseaux ; et c'est lui qui m'a soufflé l'idée de ne garder que les blocs dynamiques plutôt que tout le fichier DWT.

Des routines LISP peuvent automatiser certains tracés répétitifs ; j'en ai vu tourner chez d'autres dessinateurs ; mais je n'ai jamais eu besoin d'aller jusque-là pour un simple plan de voirie. Les critères que je regarde avant d'acheter un pack restent toujours les mêmes : la clarté des calques, la logique des blocs, la facilité à en retirer ce qui ne me sert pas.

Blocs dynamiques de bordures et regards du gabarit GCV-VRD sur un plan de voirie AutoCAD

Ce que le GCV ne devinera jamais à votre place

Le fil d'eau reste un piège classique, gabarit ou pas : il m'est arrivé de chercher une heure pourquoi gérer ses plans de réseaux avec un gabarit VRD efficace tournait mal, avant de comprendre que l'erreur venait de ma lecture du terrain, pas du logiciel. Le gabarit est une plume, jamais un cerveau, et il ne discutera jamais la classe de robustesse d'un tampon selon l'endroit où on le pose.

Il y a douze semaines, en pleine bascule vers ce genre d'outils, j'avais vu une nomenclature d'armatures sortir toute seule sur un plan de voile, et l'ingénieur qui a validé le dossier n'a rien eu à redire, la même sensation m'a traversé la première fois qu'une légende de réseau s'est calée seule sur ce plan VRD. La nomenclature d'armatures appartient à un autre monde, celui du béton armé, et je ne m'en sers que quand un ouvrage enterré l'exige vraiment.

Faire correspondre un plan de coffrage à son ferraillage sans erreur est un exercice à part entière que le VRD ne connaît heureusement pas. Deux mondes, deux logiques de vérification. Après la balade du dimanche aux Berges de la Meurthe, à Jarville-la-Malgrange, pour décrocher un peu la tête du plan, je repensais déjà à la mise en page en espace papier qui m'attendait le lendemain : pack ou pas, c'est toujours là que je perds patience le plus vite.

Pour le suivi client, j'utilise un système plus léger qu'un CRM dédié aux bureaux d'études, mais je comprends très bien ceux qui y passent une fois le nombre de dossiers monté. La question d'acheter une bibliothèque de blocs plutôt que de la construire soi-même, je me la suis posée bien avant le GCV-VRD, et la réponse dépend surtout du temps qu'on a devant soi pour bricoler ses propres outils.

Le gain de temps est réel, ça je ne le nie pas, mais je serais infoutu de le chiffrer en heures ou en pourcentage. Ça dépend trop du projet, de la taille du réseau, du nombre de tampons à poser. Si vous passez déjà une bonne demi-journée par dossier à régler des échelles de ligne ou à recréer des légendes de réseaux à la main, le calcul se fait tout seul.

Alors, on craque pour le GCV-VRD ou pas ?

Mélanie, qui me lit depuis un moment depuis son bureau d'études en Moselle, m'a écrit pile là-dessus : elle voulait un avis tranché, sans vocabulaire de vendeur, sur si ça valait le coup pour du VRD. Ma réponse tient en une ligne : si votre plan ressemble encore à un gribouillage qu'il faut refaire à la main à chaque révision, oui, ça vaut le coup ; si vous espérez qu'un fichier DWT transforme un plan de masse griffonné en projet d'exécution sans réflexion derrière, non, ça n'arrivera pas.

Comme je le racontais dans mon article sur les erreurs fréquentes en dessin de ferraillage sur AutoCAD, le manque de clarté reste l'ennemi numéro un, en VRD comme en béton armé. La leçon que je retiens de ce pack, au fond, tient en une phrase : un bon gabarit ne vous rend pas meilleur dessinateur, il retire juste ce qui vous empêchait de le montrer.